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Colloque 7 Mars 2014 : « Les Adolescents à l’Hôpital et leur Scolarité » - L’Expérience de la Fondation Santé des Etudiants de France - FSEF

PHOTO INTRO Thierry MARCELLINLa Fondation santé des étudiants de France (FSEF) a été créée par l'UNEF en 1923 pour faire face au problème aigu de la tuberculose, qui exigeait un traitement de longue durée et rendait la poursuite des études difficile.

Peu après la seconde guerre mondiale, le problème de la santé mentale chez les étudiants est apparu comme un souci majeur des autorités universitaires. La Direction de l'enseignement supérieur a alors donné pour mission à la Fondation de créer des établissements pouvant accueillir des étudiants présentant "des troubles mentaux légers ne nuisant pas à la poursuite des études". Ainsi, le premier établissement médico-psychologique a ouvert à Sceaux, dans la Villa Dupré.

Les progrès accomplis dans les années cinquante dans le dépistage et le traitement de la tuberculose ont conduit la Fondation à engager sa conversion vers la prise en charges d'autres pathologies, faisant ainsi face à l'émergence de nouvelles demandes de soins.

Au départ dédiée aux affections pulmonaires, elle s’est reconvertie en établissement médical. Aujourd’hui la psychiatrie est présente dans la totalité des établissements de la FSFE sauf un, et représente la moitié des activités de prise en charge du patient.

Retrouvez ci-après les moments-forts et les différentes interventions de ce colloque animé par le journaliste Monsieur Thierry MARCELLIN :

 

Sommaire

Le concept soins-études développé par la Fondation

L’adolescent hypermoderne : Devenir adulte au 21ème siècle

Une expérience européenne (Suisse) en faveur de l’insertion scolaire et sociale des adolescents/jeunes adultes atteints de maladies durables

La prise en charge globale des adolescents par la FSEF : soins-études-insertion

Les Maladies durables à l'adolescence : l'exemple du Diabète

Les Phobies Scolaires ou les Troubles Anxieux de l'école

Sport et Insertion

Soins-Etudes une réponse adaptée aux besoins des adolescents à l'hôpital : mais une réponse adaptée pour qui,à quelles conditions ?

 

Le concept soins-études développé par la Fondation

La Fondation Santé des Etudiants de France est à l'origine du concept soins-études depuis 90 ans. Le besoin d'allier les deux est encore plus fondamental aujourd'hui. En effet la perception du handicap a évolué : il est désormais moins difficile d'envisager la poursuite d'études d'un élève/étudiant malade ou handicapé, grâce à des structures telles que la FSEF. L'handicap n'est plus considéré comme un frein.

Maintenir ou proposer une scolarité est donc le premier objectif au cours de l'hospitalisation pour la FSFE, afin d'offrir une future insertion sociale optimale et minimiser les risques d'exclusion dus à la maladie.

Dans le cadre de ce colloque, nous avons pu bénéficier de nombreuses interventions de grands professionnels de la santé et de personnels hospitaliers ainsi que des tables rondes organisées sur le thème de la scolarité dans la prise en charge des adolescents malades.

 

•    Discours d’ouverture par Monsieur William MARTINET, Président de l’UNEF (Union Nationale des Etudiants de France)

1La jeunesse est une période de vie qui correspond à une inégalité d’accès aux soins.

Le tableau est assez sombre car la majorité des jeunes n’ont pas accès aux soins, le système étant trop coûteux ou trop compliqué. C’est une problématique trop présente pour ne pas décider d’agir de concert avec les associations, fondations et l’Education Nationale et autres.

Une des solutions serait de développer les centres de soins en université, le régime de protection sociale et de généraliser les complémentaires santé et le tiers payant à l’ensemble des étudiants, car en effet l’avance de frais à elle seule peut être insurmontable pour le jeune.

 

•    Jean de KERVASDOUE, ancien directeur des hôpitaux, Administrateur de la Fondation

3Il y a peu d’associations telle la FSEF dont le seul but légitime leur existence. Elle accompagne un véritable projet de vie et une grande importance est accordée à la dignité.

Les valeurs de la FSFE sont :

  • la non-lucrativité
  • accueil du patient sans distinction
  • pluridisciplinarité
  • démocratie interne et active

La FSEF a ouvert dans la SARTHE un nouvel hôpital psychiatrique disposant de 120 lits affichant complet pour les 18 mois à venir.

Nous constatons donc un réel besoin et une vraie nécessité dans l’ouverture de ces établissements.

Au sein du centre LAFARGE, un nouveau foyer études en psychiatrie a ouvert et les capacités d’accueil du centre de  VILLENEUVE D’ASCQ en psychiatrie ont doublé.

L’environnement de la Fondation évolue et s’adapte. 50 % des patients que la FSFE prend en charge ont un mal de vivre et ont des troubles psychiques. Monsieur de KERVASDOUE souligne l’exemplarité de l’action de la FSEF.

 

L’adolescent hypermoderne : Devenir adulte au 21ème siècle

•    Jocelyn LACHANCE, Socio-Anthropologue

Jocelyn LachanceIl y a 40 ans, la célèbre anthropologue américaine Margaret MIDT l’avait prévu : «  Nous deviendrons des migrants dans le temps » vivant avec les adolescents mais dans une culture différente.

Les sociologues tentent de réduire ces différences de générations et c’est là que réside le nœud du problème.

Comment devient-on adulte au 21ème siècle ?

  • par les rites de passage : ce sont des cérémonies organisées par les adultes, visant à passer du passage de l’enfance au monde adulte. Les adultes accompagnent donc ce passage. Dans ces rites on impose une épreuve aux enfants sous la forme d’une prise de risque. Dans les sociétés où on ne ritualise plus ce passage, les jeunes vont prendre des risques afin de se prouver qu’ils existent et qu’ils deviennent adultes.
  • le projet : c’est la projection dans un statut et le jour où je l’atteins, je me considère comme « passé à l’âge adulte ».

La projection dans un statut va de pair avec la reconnaissance de la collectivité, de la famille, des gens autour de nous. Or, aujourd’hui nous vivons dans une société  de « l’hyper-choix» : on laisse aux jeunes le soin de choisir seul son projet.

  • L’expérimentation : les adolescents vont faire des choix à travers des tests, essais (sexualité, études, etc …) mais ces choix ne vont pas forcément de pair avec la reconnaissance.

Ex : tentatives de suicide très élevées chez des adolescents qui se disent homosexuels. Ces derniers en quête de reconnaissance de la société, qu’ils ne trouvent pas, une quête du regard extérieur, d’un interlocuteur qui viendra valider leurs choix et décisions. Ne les trouvant pas, cela bascule souvent dans le négatif.

D’où la société WEB 2.0 où les adolescents cherchent à exister et se faire reconnaître sur le web.

Il existe 3 cultes :

  • Culte de la jeunesse
  • Culte de l’urgence
  • Culte de la performance

Quel est l’impact de ces cultes sur la jeunesse contemporaine ?

  • Culte de la jeunesse

La jeunesse prend une nouvelle valeur et est détentrice d’un certain savoir.
On est dans une adolescence qui ne veut pas ressembler aux adultes mais juste se distinguer des enfants, dans le refus de grandir.
C’est ce phénomène qui a donné le nom « Adulescence », c’est-à-dire des adolescents en maturité physique mais qui ne veulent pas aller au-delà.

  • Culte de l’urgence

C’est-à-dire agir comme si le temps était compté.

  • Culte de la performance

Culte dont parle le sociologue Alain EHRENBERG depuis plusieurs années. On dit à nos adolescents «  Sois quelqu’un, réussis, fais tes choix, MAIS SOIS QUELQU’UN ». On leur demande donc implicitement et explicitement de faire valider leurs choix.

On assiste depuis une dizaine d’années à une « intériorisation » : l’idée que les relations sont amenées à se terminer. Il y a une massification de cette idée de relations limitées dans le temps, ce qui entraîne une incapacité à se projeter. 

Nous sommes passés de changements intergénérationnels à des changements intra-générationnels et sommes face à des adolescents qui sont dans une course en avant, qui se sentent obligés de suivre les tendances et se démarquer.

 

1er phénomène : la Désynchronisation

C’est ce moment où étant petits, les parents appelaient leur enfant pour venir manger et il venait tout de suite. Puis, plus l’âge avance et celui-ci arrive avec un retard de 10-15 minutes.
Ceci est souvent vu comme une rébellion et une opposition par les parents mais cela s’apparente davantage à une tentative d’adaptation afin de s’imposer/ exister face à une imposition fixée par l’adulte.

 

2ème phénomène : se mettre délibérément dans des situations d’urgence

Ex : commencer l’école à 8h et se lever à 7h45. En 15 mn se mettre au défi d’être en cours, avoir mangé et s’être habillé avant.
Par des comportements d’urgence l’adolescent va tenter de se construire une identité, se redonner le sentiment d’autonomie à défaut d’être reconnu comme adulte.
C’est ce que l’on appelle un Epiphénomène.

Comment  faire perdurer une cohérence de son identité dans le temps ? Comment trouver des repères pour survivre ?

  • la 1ère phase consiste à choisir un repère temporel pour se sentir grandir mesurer l’écart, car derrière les pratiques souvent compulsives il y a volonté de construire son identité.

Ex : se prendre en photo tous les jours.

  • la consommation délibérée d’émotions pour délivrer de la nostalgie
  • la nostalgie du présent : je vis des moments intenses et je réalise que demain ce sera terminé.

Ex : Certains vont dire «  je photographie pour me souvenir » et d’autres « si je ne photographie pas, je ne vais pas me souvenir »

Internet est devenu le meilleur support pour exposer et valider les exploits et la prise de risque, avec toujours dans l’objectif de trouver une validation, une reconnaissance.

Cependant, le problème n’est pas l’accès à internet mais pourquoi les jeunes au 21ème siècle pensent et sentent qu’ils doivent penser par internet pour exister ?

Il y a des photos et vidéos postées sur internet par les jeunes visant à l’acquisition et d’autres à la révélation. On entend par révélation le fait d’avoir accès au regard que les autres portent sur moi (en se photographiant ou en se filmant par exemple).

 

Une expérience européenne (Suisse) en faveur de l’insertion scolaire et sociale des adolescents/jeunes adultes atteints de maladies durables 

•    Docteur Marianne CAFLISCH, Pédiatre, Médecin Adjointe, Responsable de la Consultation pour Adolescents Hôpital des Enfants – Hôpitaux Universitaires de Genève

Il est important que le pédiatre soit davantage informé de la période précédant les comportements à risques.

En Suisse, il existe 26 cantons et 26 structures scolaires différentes. S’ajoute à cela des problèmes de langues, car il y a 4 langues différentes. Le nombre d’années requises pour une scolarité dans le primaire ou dans le secondaire varie d’un canton à l’autre.

Les difficultés :

  • Le fédéralisme et le manque d’uniformité entre les différents programmes scolaires et de formations post-obligatoires.
  • Le manque de structures au niveau universitaire.
  • L’orientation professionnelle pour des jeunes à besoins spécifiques – une multitude de différentes structures mal coordonnées entre elles.
  • Les situations complexes alliant problème somatique et problème psychiatrique.

 

La prise en charge globale des adolescents par la FSEF : soins-études-insertion

•    Docteur Philippe LESIEUR, président de la commission médicale centrale de la FSEF

5La tuberculose était une maladie sur le temps qui nécessitait un arrêt brutal des études. Cette maladie avait une image stigmatisante, reflétait l’idée que les malades étaient des pestiférés. Cela provoquait donc une certaine fragilité ainsi que la peur du regard des autres.

L’un des slogans de l’époque était «Etudier quand même», préserver les chances de continuer les études. La Fondation s’est développée sur cette base, à savoir que c’est une pathologie qui prend du temps et qui est à la fois stigmatisante.

Les « soins de suite médicalisés » interviennent après les soins aigus. Ce sont des soins longs correspondant à des pathologies que l’on qualifie de durables et non plus chroniques.

Les pathologies durables sont les pathologies où les soins de court terme sont insuffisants. Une suite de soins est obligatoire car il y a risque de récidives. Ce sont des pathologies qui amèneront à des séquelles plus ou mois durables car il y a toujours un avant et un après.

Le jeune est effectivement dans une désynchronisation, mais il existe surtout un déni de la maladie et c’est ce qui entravera souvent l’accès aux soins.

On peut donner une double définition de la maladie :

a-    Il existerait des normes mesurables et la maladie serait une rupture de ces normes. Les soins voudraient que la norme soit rétablie.
b-    Le sentiment subjectif d’être malade, la relation de la personne à son trouble.

La définition subjective sur la façon dont je vis ma maladie est très importante. Comment le sujet va pouvoir s’approprier sa maladie ? C’est l’idée du soin global, c’est-à-dire créer une condition de restructuration pour donner une capacité à vie malgré la maladie.

Le soin-études a été donc autre chose qu’ « étudier quand même ». 

Nous avons trois types d’interlocuteurs dans le soins-études :

  • les soignants
  • les enseignants
  • les médiateurs (thérapeutiques ou culturels)

La maladie entraîne la déscolarisation chez l’adolescent notamment, ainsi qu’un doute sur ses capacités.

L’objectif des soins-études est donc vraiment de créer cet espace de reconstruction où la relation aux soins n’est plus une relation à la maladie mais un avenir possible.

 

Les Maladies durables à l'adolescence : l'exemple du Diabète

(Table Ronde)

L’apparition d’une maladie durable à l’adolescence est une rupture du développement à une période où s’opèrent d’intenses changements tant physiques que psychiques. Au-delà de la santé physique ou mentale, la maladie aura aussi un impact sur le fonctionnement du jeune dans son environnement scolaire, familial ou social.

 

•    Discours du Professeur André GRIMALDI, PPH ex chef du service de diabétologie de la Pitié-Salpétrière (Paris)

La conséquence la plus importante du diabète est la glycémie.  Nous connaissons fort heureusement de grands progrès technologiques tels que les stylos à insuline.

Les facteurs de risque : Diabète de type 1 et Diabète de type 2 :

Diabète de type 1 : apparaît chez le jeune et est dû au changement et à la mondialisation.

On cherche des remèdes depuis 10 ans mais sans succès. Deux projets sont à venir :

  • La pompe à insuline régulée pour la nuit : une pompe qui ramènerait la glycémie au taux normal au réveil du malade.
  • Le pancréas bio-artificiel : cellules cultivées capables de produire de l’insuline directement dans l’organisme du patient (ceci sera une grande avancée technologiques)

Diabète de type 2 : causé par l’obésité, la sédentarité. Ce dernier  est en forte augmentation car il survient de plus en plus tôt.

Quelques moyens simples d’éviter ce dernier : activités physiques régulières, ne pas rester constamment derrière la télévision. En effet il y a un écran passif et un autre actif. Lorsque l’écran est passif il y a comportement de grignotage.
Ce n’est donc  pas qu’un problème de nutrition mais également de mode de vie ainsi qu’un problème culturel.

Jusqu’en 1963 un proviseur de lycée pouvait exclure un élève qui faisait de l’hypoglycémie sur le fondement de ne pas confondre un établissement scolaire avec un établissement de soins.

Lorsque l’on annonce une maladie il y a 3 phases :

  • la remise en cause de l’autonomie
  • se dire qu’on supportera cette maladie à vie  (période de deuil)
  • se dire que l’on est  définitivement différent des autres : est-ce que les autres ne vont pas penser que suis inférieur ?

Donc on est face à des mécanismes de défense de la part des adolescents : refus, déni.

Les parents eux-mêmes disent de leurs enfants atteint de la maladie : « il était si mignon, il a fallu que ça lui arrive » : inconsciemment en parler au passé comme si ça n’était plus la même personne. Cela aboutit donc à un rejet de la maladie et/ou refus de soins.

25% des adolescentes diabétiques manipulent leurs insulines afin de garder le poids qu’elles veulent. Elles s’administrent des sous-doses et pour certaines les conséquences tragiques sont  l’amputation ou l’anorexie.

On ne peut donc pas guérir seul de cette maladie, il faut absolument un accompagnement.

 

•    Discours du Docteur Sophie LEMERLE, Pédiatre au Centre hospitalier de Créteil, membre du conseil scientifique de la FSFE

Les garçons appréhendent-ils la maladie de la même façon que les femmes ?

En effet, le problème de prise de poids survenant par l’injection d’insuline pour soigner le diabète est mal supporté chez les femmes. Celui-ci provoque des troubles alimentaires allant jusqu’à l’anorexie.

Lorsque les adolescents interrompent d’eux-mêmes leurs traitements, c’est un échec mais prévisible. Cela fait partie de la réaction à la maladie. Le personnel de santé espère que cela représente juste un passage et n’ignorent jamais les patients qui sous-dosent leurs insulines.

Il y a une différence entre un enfant auquel on annonce qu’il est diabétique et un adolescent qui était en pleine forme et à qui on annonce cela.
Lorsqu’on annonce la maladie à l’adolescent il est au départ très fier et va refuser de l’aide, jusqu’à tomber un an plus tard tombe dans la dépression lorsqu’il prend conscience de sa maladie. A partir de là il faut essayer de rééduquer l’adolescent.

Lorsqu’on ne prend pas son insuline on peut tomber dans le coma donc cela est très dangereux. Le rôle du personnel hospitalier est donc de tenter de les prévenir sur le risque certain qu’ils encourent.

 

•    Discours du Docteur Anne TONELLI, médecin chef de service médecine de l’adolescence, clinique Edouard Ris, PARIS

Quand les adolescents sont admis à Edouard Rist c’est qu’il y a un problème de rupture avec la famille et avec leur cursus scolaire.
Sur leurs patients-élèves en classe de 2ème, 3 sur 5 ont obtenu leurs brevets et un seul a obtenu son bac. Le bilan est donc mitigé.

Le Docteur TONELLI n’est pas forcément favorable à l’hospitalisation à domicile d’après son expérience personnelle en tant qu’infirmière. L’acceptation de la maladie est le plus difficile, donc lorsqu’ils sortent de leurs services, les patients retournent dans leurs familles mais ont la possibilité de revenir au bout de plusieurs mois.

 

Les Phobies Scolaires ou les Troubles Anxieux de l'école

(Table ronde)

•    Discours de Christophe KERRERO, inspecteur général de l’Education Nationale, en charge de la Fondation SEF

La France est le pays de la culture du diplôme, du statut, de la hiérarchie mais aussi un pays d’élitisme. Cela provoque un prédéterminisme social fondé sur la peur de l’échec.

Les phobies scolaires ne doivent pas être confondues avec l’absentéisme scolaire. La phobie scolaire est une peur irraisonnée d’aller à l’école pouvant se caractériser par un absentéisme. Cette peur irraisonnée se traduit par des crises d’angoisse, insomnies, qui vont rendre impossible la volonté de l’enfant/adolescent d’aller à l’école. La Fondation rassemble tous les ingrédients pour que les jeunes aient moins peur.

Dans certains cas il y aura juste des soins mais pas de soins-études.

On entend souvent dire que le CNED désocialise via ses cours proposés à distance et accessibles aux élèves handicapés ou malades. Or, le Docteur KERRERO rencontre souvent des patients qui ne vont pas forcément mieux pour retourner à l’école mais suffisamment mieux pour accepter les cours dispensés par le CNED.  Donc il faut continuer à offrir des propositions plurielles.

La phobie scolaire et la phobie sociale peuvent se combiner, cela se traduit par des enfermements au domicile : l’adolescent ne veut plus être en contact avec le monde et sortir de chez lui. Une phobie scolaire peut conduire à une phobie sociale.

Il faut travailler sur les conséquences avant de travailler sur les causes.

 

•    Discours du Docteur Hélène LIDA PULIK, médecin psychiatre, responsable de la maison des adolescents Yvelines sud (78)

Il faut différencier la phobie scolaire du refus scolaire. La phobie scolaire implique une pathologie beaucoup plus grave.

 

•    Discours Nicolas GIRARDON, psychiatre chef de service Unité Post Aigüe, CMPA Neufmoutiers en Brie (77) (FSEF)

Certains jeunes vont développer des douleurs liées aux phobies scolaires : les plus banales sont les somatisations : douleurs au ventre, nausées etc … Les membres du corps deviennent donc porteurs de leurs maux psychologiques.

 

Sport et Insertion

(Table Ronde)

 Faire du sport c’est tester son corps, ses limites, jouer avec des règles, jouer pour le plaisir, faire équipe … que reste t-il lorsque la maladie s’en même, lorsque le handicap complique tout ? Le handisport montre qu’au-delà de la maladie il y a toujours une place pour l’estime de soi, l’envie, le plaisir.

Intervenants :

  • Alim LATRECHE, médaillé de Bronze en escrime aux Jeux paralympiques de Londres 2012, ancien patient
  • Docteur Pierre PAUGET, médecin de médecine physique et de rééducation, ancien directeur médical du CMUDD (38)
  • Jean-Pierre MOREAU secrétaire général de la Fédération Française Handisport
  • Alexandre THIEBAUT, directeur du Centre Médical et Pédagogique de Varennes Jarcy (91) FSEF

 

Soins-Etudes une réponse adaptée aux besoins des adolescents à l'hôpital : mais une réponse adaptée pour qui,à quelles conditions ?

•    Discours de Jacques FERSTERNBERT, Président de l’association GUY RENARD (association d’anciens patients de la FSEF)

photo 1L’histoire de notre association GUY RENARD est indissociable de celle de la FSFE car elle regroupe des anciens de la Fondation. GUY RENARD a ainsi fêté ses 70 ans alors que la FSFE ses 90 ans.

Notre Président est resté lui-même 3 ans au sanatorium de Saint-Hilaire et est aujourd’hui un grand avocat et président de l’association GUY RENARD.
L’association s’est tournée vers sa vocation première, à savoir aider les jeunes et étudiants malades et handicapés. Mais ce ne sont plus les mêmes besoins qu’autrefois, ni les mêmes maladies.  Au sein de GUY RENARD coexistent  des anciens tuberculeux et des jeunes malades.

Une question a été oubliée : il faut une stabilisation de la santé, un chemin vers l’autonomie afin de les permettre de réintégrer la vie dite « normale », ce que fait la FSEF.
Mais pour y parvenir, serait-il possible d’envisager aujourd’hui une représentation directe des patients via des délégués au sein de leurs établissements pour exprimer  les besoins des patients au sein de l’établissement ? Car cela a existé autrefois dans la Fondation. Notre président appelle la réflexion de la Fondation sur ce sujet.
Mais la mise en place des délégués s’avèrerait difficile car les séjours au sein des établissements sont trop courts.

2ème élément important soulevé par le Président : Lorsque les patients quittent la Fondation, la maladie n’est pas forcément  pour autant éradiquée. Or, sauf exception, la Fondation ne sait pas vraiment ce que devient ses patients.

Il n’existe aucune étude spécifique spécialisée permettant de savoir ce que deviennent les anciens patients de la Fondation, cela est pourtant essentiel afin d’évaluer la réelle efficacité du travail effectué par la Fondation et le travail qu’il y aurait encore à fournir. Les jeunes sont mobiles et changent souvent d’adresse.

En 1943, c’est à cette fin que le Docteur DOUADY avait souhaité créer l’association réunissant les Anciens.

L’Association est prête à s’engager y compris financièrement afin de financer ce projet.

 

•    Discours de Madame Chantal ROUSSY, vice-présidente de l’Union Nationale de Familles et Amis de personnes Malades et ou Handicapées psychiques (UNAFAM)

L’UNAFAM a été crée en 1953 et a fêté ses 50 ans cette année. Reconnue d’utilité publique depuis 1968, elle représente la santé mentale, travaille sur les psychoses sévères et possède des représentants dans les CDSPHSC ( Commissions Départementales de suivi psychiatrique)

L’UNAFAM est davantage spécialisée dans la schizophrénie. On ne naît pas schizophrène, on le devient.

Deux sortes de préventions doivent être mises en place :

  • Prévention Primaire prévenant l’arrivée des troubles. Celle-ci est difficile à mettre en place car il ya une grande stigmatisation du psychique et aucune reconnaissance des difficultés psychiques que peuvent rencontrer nos proches.
  • Prévention secondaires. La peur du trouble psychique par manque de connaissance peut entraîner des conduites éducatives accentuant les troubles. Il faut donc arriver à mobiliser les pouvoirs publics.

Le rôle de la Fondation est capital, c’est pourquoi le Ministère de l’Education Nationale devrait fournir beaucoup plus de moyens à la FSEF.

 

•    Discours Monsieur Emeric GUILLERMOU, président de l’Union nationale des Associations de Familles de Traumatisés crâniens et Cérébroléses (UNAFTC), avocat

Lorsqu’il y a lésion neurologiques il y a rupture identitaire et donc difficulté de retrouver ce que l’on était avant, et c’est ce qui perturbe le plus l’adolescent.

Il faudra donc développer un certain état d’esprit très approprié afin d’accompagner  et d’appréhender l’adolescent dans la globalité de sa personne.

Dorénavant il n’y a plus un parcours de soin mais un parcours de santé.

Mis à jour le jeudi 20 mars 2014 16:26

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